Le marché du tirage photo en pleine mutation

Le secteur fait sa révolution numérique dans la douleur. Les spécialistes se tournent de plus en plus vers les produits dérivés.

Où s’arrêtera la chute s’interrogent tous les spécialistes du développement photo ? Le marché est en effet en baisse continue depuis plusieurs années : -4 % l’an dernier en France, -3 % cette année… Et la tendance ne devrait pas s’inverser. Le cabinet Future Source anticipe des rythmes de diminution similaires en 2013 et 2014.
Les boutiques physiques disparaissent les unes après les autres. Récemment encore, Orange a mis en oeuvre son retrait du marché et s’est délesté de ses enseignes Photoservice et Photostation pour un montant inconnu, mais selon lui « très raisonnable ». Il les a revendues au laboratoire Internet e-Center, après avoir transformé ses boutiques en magasins de téléphonie, illustrant ainsi toute la difficulté à articuler magasins et ventes en ligne.
Peu d’indépendants subsistent alors que le marché bascule inévitablement sur Internet… au prix de fortes destructions de valeur. « A l’époque des pellicules, un particulier faisait en moyenne 10 à 12 développements par an. Aujourd’hui, sur Internet, la moyenne est tombée à 1,5 car ce n’est pas un réflexe naturel, Internet a complexifié l’acte d’achat, explique Sébastien Rohart, directeur général du pure player Internet Photobox. Sans compter que les prix ont baissé. »
Le boom des objets
Du coup, les spécialistes misent de plus en plus sur les services annexes. « En 2006, le tirage photo générait 100 % de notre chiffre d’affaires. Aujourd’hui, il n’en représente plus que 20 % », affirme Sébastien Rohart. Les vecteurs de croissance des Photobox, Photoweb et autres Mypix (groupe Pixmania) sont désormais les objets personnalisés : calendriers, mugs, tee-shirts feront encore partie des meilleures ventes lors des fêtes de fin d’année, aux côtés du traditionnel livre photo, qui pèserait déjà un quart du marché total en France et dépasserait les 700 millions d’euros de chiffre d’affaires cette année en Europe. Les frères Steve et Jean-Emile Rosenblum, fondateurs de Pixmania, viennent d’ailleurs de lancer leur nouvelle start-up, The Kase, sur le concept des objets photos personnalisés. Les nouvelles tendances qui pourraient recueillir les suffrages des consommateurs dans les prochaines années ? Les décorations murales ou encore les coques de smartphones et de tablettes intégrant des photos.
L’enjeu des réseaux sociaux
Mais un autre problème se pose aux acteurs du secteur : la transformation des supports. De plus en plus, les photos sont stockées sur les réseaux sociaux plutôt que sur l’ordinateur. Les spécialistes du développement photo doivent donc proposer des outils permettant d’imprimer facilement ses photos Facebook, par exemple. Et ils sont persuadés qu’il y a là aussi un potentiel de croissance, 300 millions de photos étant publiées tous les jours dans le monde sur les réseaux sociaux. Suivant la voie de l’américain Shutterfly, les acteurs français se sont donc positionnés. Photobox a lancé un site spécialisé, Social Fab, entièrement intégré à Facebook permettant d’imprimer ses photos, mais aussi celles de ses amis. Photostation a également développé des outils permettant d’importer ses photos Facebook dans son logiciel de mise en ligne d’images et de les intégrer dans les albums photos. Des outils particulièrement stratégiques : c’est aussi une manière de rajeunir une clientèle vieillissante et de faire tester l’impression à des publics qui ne l’ont jamais connue.

source : lesechos.fr

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