Test du nikon S800c

Annoncé fin août 2012, le Nikon S800c a été le premier compact grand public intégrant l’OS Android, aujourd’hui numéro un sur le marché des smartphones. Une semaine plus tard, le coréen Samsung emboîtait le pas avec son Galaxy Camera, que nous avons déjà testé. Deux marques, deux approches différentes : après la copie de l’électronicien généraliste rodé à l’exercice des smartphones, que vaut l’interprétation du géant de la photographie, nouveau-venu dans le monde merveilleux de l’OS de Google ?

Prise en mains / Le Nikon S800c, comme son nom l’indique, intègre la gamme S des compacts à gros zoom de Nikon.Il reprend le design du S6300 avec ses lignes douces et épurées. Certains apprécieront ce design le faisant ressembler à un gros galet, facile à prendre dans le creux de la main lorsque vous l »utiliserez en mode « smartphone ». D’autres reprocheront l’absence d’un grip, qui aurait facilité la prise en mains lors des prises de vue. Dans tous les cas, il est certain que ce n’est pas le S800c qui révolutionnera l’histoire du design, banalité qu’il rattrape par une qualité de fabrication satisfaisante.

Avec l’intégration d’un écran tactile capacitif de 8,7 centimètres de diagonale au dos, il prend un peu d’embonpoint dans toutes les dimensions, mais cela reste raisonnable. En tous cas, suffisamment pour lui permettre de rentrer dans une poche de veste. Cet écran lui confère, de dos, un look définitivement smartphone, à mille lieux des habitudes ergonomiques de Nikon. Avec seulement trois touches (« Menu », « Home » et « Retour »), le S800c intègre les standards des téléphones Android et oblige à passer par l’écran multitouch pour interagir. Très bonne nouvelle : à l’usage cet écran se révèle agréable, avec une navigation fluide et une précision suffisante pour écrire un mail ou consulter internet.

En usage photographique, cet écran tactile et la limitation physique du nombre de boutons ont obligé Nikon à repenser son ergonomie. Défi relevé haut la main, avec bonheur : de grandes icônes, des informations bien placées, des appellations évidentes, un multitouch vraiment efficace pour jongler entre ses prises de vue, bref, tout est là pour faciliter la vie de l’utilisateur. Nous espérons vivement que Nikon s’inspirera de ces recherches pour les intégrer progressivement dans tous ses boîtiers grand public.

Avec l’intégration d’Android, de nouvelles possibilités s’offrent au S800c par l’intermédiaire du Google Play Store. Toutes les applications à la mode sont là, que ce soit pour jouer, écouter de la musique ou personnaliser ses clichés. Mais, à l’usage, le S800c et son processeur Cortex A9 montrent leurs limites. Combiné à une batterie à l’autonomie ridicule (140 photos maximum, sans Wi-Fi, sans BlueTooth), il faudra rapidement choisir entre jouer et prendre des photos. Dans notre laboratoire, la batterie a rendu l’âme au bout d’une centaine de photos et quelques vidéos.

Dans la vie de tous les jours, la véritable nature du S800c est compliquée à cerner : difficile de savoir s’il s’agit d’un compact dédié à la photographie ou d’un smartphone XXL. Indépendamment les deux fonctionnent bien, mais à aucun moment le S800c ne donne l’impression de parvenir à allier les deux de manière joyeuse. Pire : les applications photographiques ont souvent tendance à prendre le pas sur la prise de vue « classique », et ralentissent le fonctionnement général de l’appareil. Après plusieurs jours d’utilisation, le S800c a donc tendance à lasser puisque celui qui voudra jouer avec Android préfèrera rapidement le faire sur son smartphone.

Réactivité / Tout comme pour le Samsung Galaxy Camera, nous avons fait quelques petites entorses à notre procédure standard de chronométrage. C’est ainsi que la mesure « OFF -> ON » correspond à la sortie de veille et non pas à la mise sous-tension de l’appareil. Sans cela, vous pourriez facilement multiplier le score par 4 : Android met un temps fou pour s’initialiser et l’appareil met un temps tout aussi fou pour basculer en mode prise de vue. Si vous avez l’intention de photographier un événement un peu chahuté (un anniversaire, une sortie sportive, une fête), pensez donc à mettre votre appareil sous tension longtemps avant, sous risque de vous faire piéger et rater « le moment où il aurait fallu qu’il fallait ».

Une fois l’appareil réveillé, le S800c se montre très efficace… de jour. En effet, son autofocus se révèle d’une rapidité enthousiasmante que ce soit au grand angle ou en zoomant. Mais, si la luminosité décroit, ou si le sujet bouge un peu trop, les performances effectuent un grand bond en arrière. En condition réelle, cette latence se ressent et exaspère, au point de vous couper l’envie d’utiliser l’appareil après une dizaine de photos « parties trop tard ».

Qualité des images / Le Nikon S800c reprend le capteur BSI CMOS de 16 millions de pixels équipant le S6300, son zoom 10x (par ailleurs très lent pour passer de la focale minimale à la focale maximale).

Dès la sensibilité minimale (125 ISO), le lissage se fait sentir. La qualité reste stable et tout à fait acceptable jusqu’à 400 ISO, où les détails fins peuvent encore être distingués. Au-delà des 800 ISO, la chute qualitative est abyssale : nous comprenons mieux pourquoi Nikon a programmé un mode Auto-ISO s’arrêtant à 400 ISO. Bien vu ! Par rapport à son concurrent coréen direct, le S800c se défend donc honorablement. En revanche, pour un compact de mi-2012, c’est franchement décevant.

En basse lumière, les capacités de l’appareil sont même catastrophiques. Les modes scène dédiés aux prises de vue nocturnes se révèlent affreusement lentes mais, surtout, font preuve d’une balance des blancs des plus hasardeuses. En utilisant le mode « Paysage de Nuit » (mode automatiquement enclenché par l’appareil), notre scène de test a carrément viré au magenta délavé. À ce niveau là, même un smartphone fait mieux.

En termes de performances optiques générales, il ne faut pas s’attendre à des miracles : le zoom 10x fait son travail, sans excès de zèle ni faiblesse rédhibitoire pour cette gamme d’appareils, bien bridés par une électronique et des algorithmes trop violents.

Au final, la qualité d’image est banale pour un compact, mais franchement décevante à ce niveau de prix. Sur le plan photographique, seul le zoom optique de forte amplitude permet au S800c de se démarquer des smartphones. Pour le reste, pour l’usage auquel il est destiné, et pour la clientèle visée, il n’y a pas de révolution qualitative à espérer.

source : lesnumeriques.com

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