Test du Canon G16

La saga Canon G continue ! En 2013, c’est donc au tour du G16 d’entrer en scène. Il troque le capteur CMOS 12 millions de pixels de 1/1,7″ pour une version rétroéclairée adoptant les mêmes caractéristiques. Au passage, il gagne le dernier processeur Digic 6 de la marque ainsi qu’une puce Wi-Fi. Ces retouches timides suffisent-elles à le propulser de nouveau au firmament des compacts experts ?

Prise en mains
La position d’héritier n’est jamais évidente, surtout lorsque les géniteurs hésitent entre l’attitude « messieurs les concurrents, tirez les premiers » et la maxime qui radote que « c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes. » Jadis, les Canon G étaient les rois de la jungle, urbaine ou sauvage, mais toujours experte. Le marché a bien évolué et avancé, tiré par des Sony et Fujifilm qui s’en donnent à cœur joie pour innover à tour de bras — au risque, parfois, de perdre les néophytes et les photographes chevronnés dans leurs hybridations échevelées. Dans cette tempête technologique, le G16 est l’œil de l’ouragan. Le prendre en main, c’est comme retrouver un vieux camarade, un partenaire de route qui aurait mûri plutôt que vieilli. C’est rassurant, le déjà-vu a ses bons côtés.

À chaque nouvelle génération, un murmure teinté d’humour parcourt le monde des amateurs : le nouveau G aura-t-il ou non un écran sur rotule ? Pour la deuxième livrée consécutive, Canon a décidé que non, sacrifiant cet atout sur le soi-disant autel de la compacité. Pour rentrer dans la poche, il se fait mieux. Néanmoins, l’écran, fixe donc, a fait des progrès : si son rendu colorimétrique n’est pas parfait (Delta E moyen à 4,3), le contraste, le gamma et la température sont excellents. Le viseur optique reste quant à lui de la partie, dernier des Mohicans, finalement assez peu utilisé du fait de son étroitesse et de son imprécision.

L’interface physique évolue assez peu, avec la touche S (programmable) qui passe de l’épaule gauche à la droite. Par défaut assignée au mode d’exposition, elle pourra être réattribuée au retardateur, ce qui ne comblera pas la disparition pure et simple d’une touche dédiée lors de la génération précédente. Autre faux-pas ergonomique, il faut passer par le menu standard pour sélectionner les différents types d’autofocus (FlexiZone, Suivi AF et détection de visage) et pour sauter de l’AF ponctuel à l’AF continu. Un commutateur ou une touche d’accès direct auraient été les bienvenus. À part cela, Canon reste fidèle à ses menus clairs, lisibles, agréables à utiliser.

Comme tout bon G, le G16 traverse donc les âges parce qu’il est robuste, massif, bien construit. Mais en 2013, ce n’est pas suffisant. Si nous n’irons pas jusqu’à réclamer un grain de folie, il lui manque réellement un petit plus, une étincelle qui ferait toute la différence et le démarquerait.

Réactivité
Il est facile de distinguer une génération de processeur par rapport à l’autre. La nouvelle permet forcément d’être plus rapide, plus efficace en basse sensibilité, et même parfois moins énergivore. Le Digic 6 apporte donc un vent de fraîcheur au G16, puisque le démarrage se fait enfin en moins de 2 secondes, et de la plus belle des manières, laissant sur le carreau le RX100 Mk II, certes réputé pour ne pas exceller en la matière, et même le Panasonic Lumix LX7, qui est plutôt un modèle du genre.

La progression se confirme dans les délais de mise au point. En pleine lumière, le G15 était déjà très bon, le G16 devient excellent. Rapide, il accroche toujours son sujet et ne le perd pas, avec un Suivi AF au sommet de sa forme. Quand les conditions lumineuses se dégradent, le Digic 6 fait des prouesses et réclame seulement une demi-seconde.

Arrivés là, nous n’avons qu’un mot à la bouche : bravo. Bon, par contre, c’est dommage que pour profiter de ces qualités il soit encore nécessaire d’attendre plus d’une seconde et demie entre chaque vue, ce qui gâche l’ambiance de fête tout en participant à l’image de force tranquille qui se dégage de l’appareil. Allez, ne baissons pas les bras, le G16 a droit à un joker. Pour ceux qui veulent aller vite, et photographier ceux qui vont vite, la rafale fait un bond en avant colossal : à 10 images par seconde (en JPG), c’est quatre fois mieux qu’avant ! Nous passerons sous silence le même exercice en RAW+JPEG, qui chute à 1,6 image par seconde. En considérant l’exercice global et les améliorations flagrantes, la cinquième étoile est décrochée du bout des doigts, sans arme, ni haine, ni violence.

Qualité des images
Lorsqu’il s’agit de monter en sensibilité, chaque constructeur a sa formule. Canon aime bien les montées douces et progressives, conservant une certaine efficacité jusqu’à 1600 ISO, même si à cette sensibilité le grain commence son travail de sape. Les détails sont estompés au profit d’une restitution des couleurs bien maîtrisée, la même logique s’appliquant aux niveaux suivants, jusqu’à l’explosion à 12800 ISO. Le Digic 6 fait du bon travail pour qui désire majoritairement faire des tirages jusqu’au 20×30 cm, mais sans non plus révolutionner le genre malgré le nouveau capteur rétroéclairé.

Côté objectif, le 28-140mm f/1.8-2.8 est reconduit pour un nouveau tour. Même joueur, même interprétation classique : le zoom 5x ne brille pas spécialement par son piqué. Acceptable au centre, il ne décolle jamais sur les bords, que ce soit au grand-angle ou au téléobjectif. Et lorsqu’un frémissement se fait sentir du côté des détails, ils sont aussi vite absorbés par la diffraction. Ni excellent, ni à vouer aux gémonies, il faudra simplement garder en tête de positionner son sujet principal bien au centre de l’image si l’on cherche à obtenir le meilleur de l’appareil. Les artistes et décadreurs fous se moqueront éperdument de ce conseil, mais peut-être n’auront-ils pas attendu jusqu’ici pour se trouver un compagnon photographique avec plus de personnalité et de chien.

source : lesnumeriques.com

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